mardi 5 janvier 2016

Comment relancer l'écologie après la COP21 ?



On peut avoir deux lectures différentes des résultats obtenus par la COP 21. La première, également la plus médiatisée, a été positive. Elle l'a été, parce que nous souhaitions vivement qu'elle le soit, moins d'un mois après les attentats, et à deux semaines des fêtes de fin d'année, mais surtout parce que les chefs d'états médiatiques s'y sont rendu, et que des accords"relativement" contraignants y ont été signés (à lire ici).

Le problème, c'est que même si ces accords étaient tous validés par les différents parlements nationaux, ce qui ne s'est jamais encore vu après une COP, le réchauffement moyen atteindra tout de même +3°C, en 2050 par rapport à l'ère pré-industrielle. Les scientifiques du GIEC en charge de l'analyse du climat avaient pourtant fixés la limite acceptable à +2°C de hausse.

Or selon ces mêmes scientifiques, ce degré de plus, qui semble anodin, provoquera une multiplication importante de la fréquence, et de la puissance des phénomènes climatiques extrêmes. Des catastrophes d'une ampleur inédite vont ainsi se produire :




Pour que des mesures ambitieuses ne soient pas décidées, comme à chaque COP, les états pétroliers et gaziers ont manœuvré en coulisse pour peser de tous leur poids sur "leurs alliés" que sont les états occidentaux, auxquels est destiné l'essentiel de leur production. Les pays émergents ont quant-à-eux, une fois de plus refusé de réduire leur croissance à tout prix, au motif qu'ils émettent encore peu, par rapport à leur population. Le résultat est un accord peu contraignant, qui évite soigneusement la remise en cause de nos modèles de sociétés, basées sur une consommation excessive. Rien de moins que la cause principale du réchauffement climatique global. Et dire que les solutions sont là avec notamment la sobriété énergétique et l'économie circulaire. Le problème c'est que les puissances financières n'y ont pas d'intérêt.


L'écologie ne se relancera pas avec les élites


Cette COP 21 durant laquelle toutes les manifestations étaient interdites s'est donc terminée sans bruit et fracas. Comme une sorte de rendez-vous manqué avec l'histoire, elle a été éclipsée par les attentats de Paris, puis par les élections régionales et par le FN. Rien d'étonnant dès lors à ce que la population française se soit très peu intéressée à l'écologie durant la COP. Rien d'étonnant à ce que "l'accord de Paris" issu de cette 21ème Conference of Parties organisée par l'ONU ne reflète pas les aspirations de la société civile et des associations écologistes. Après l'échec de Copenhague en 2009, celui, toutefois moindre, de Paris renforce cette impression que le changement ne viendra pas d'en haut.